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15 septembre 2017

Valorisation des portefeuilles & stress test : Quels contrôles et mesures en cas de hausse des taux ?

Après la récente hausse des taux de la banque du Canada et les propos du président de la BCE, précisant que « Cet automne, nous déciderons du calibrage de nos instruments de politique (monétaire) », le scénario de hausse des taux se matérialise.
Dans le cadre des bonnes pratiques et exigences ACPR – CRBF97-02, la surveillance du risque de taux global et le dispositif de contrôle interne ont dû être révisé depuis 2014 au sein des établissements financiers. Du côté des entreprises non financières, les activités restent également fortement exposées du fait de leur dette bancaire, des opérations intragroupe, des instruments desintermédiés et des dérivés de taux. L’enjeu peut être substantiel au regard des produits financiers et du résultat.

 

Du fait des orientations stratégiques de la politique monétaire, le président Mario Draghi a alerté les marchés jeudi 7 septembre sur l’évolution de la politique monétaire et également sur la hausse de l’euro : “La récente volatilité du taux de change représente une source d’incertitude qui nécessite un suivi de ses implications possibles pour la perspective à moyen terme de stabilité des prix.”
Lors de sa dernière allocution, le président de la BCE a précisé que « Cet automne, nous déciderons du calibrage de nos instruments de politique (monétaire) au-delà de la fin de l’année, en prenant en compte la trajectoire attendue de l’inflation et les conditions financières nécessaires pour un retour durable du taux d’inflation vers des niveaux proches mais inférieurs à 2%. »

 

Dans ce contexte, les entreprises doivent s’organiser pour mesurer l’ensemble des impacts clés des paramètres Taux / Change et des stratégies de couverture. Un pilotage du ratio fixe / variable peut être mis en place à l’émission et restructuration de portefeuille (remboursements anticipés…), après un diagnostic des facteurs de risque, en établissant un jeu de reporting et mesures d’impacts, sur la base des bonnes pratiques et scénarii de marché.

S’agissant du risque de taux, rappelons que l’ACPR a établi un cadre de travail initié par le CRBF97-02 et évolutions CRD IV…, avec 4 dispositifs clefs à expliciter dans le rapport sur le contrôle interne :
(1) Dispositif de mesure et de suivi du risque de taux,
(2) Dispositif de surveillance du risque de taux,
(3) Dispositif de contrôle permanent de la gestion du risque de taux,
(4) Résultats des contrôles permanents menés en matière de risque de taux
(5) Conclusion synthétique sur l’exposition au risque de taux d’intérêt global

 

A ce propos, chaque établissement, nous rappelle l’ACPR dans son rapport de 2014, doit décrire « ses outils et la méthodologie utilisée en matière de gestion du risque de taux d’intérêt global (préciser les indicateurs utilisés par l’établissement notamment gaps statiques ou dynamiques, calcul de sensibilité des résultats, calcul de valeur actualisée nette, hypothèses et résultats des stress scenarii, impact des variations du risque de taux d’intérêt global sur l’activité de l’établissement pour l’année écoulée) »

 

S’agissant de la mesure, l’entreprise doit présenter les « résultats d’un choc uniforme de 200 bp au minimum, à la hausse et à la baisse, dans les limites d’un taux d’intérêt positif, à horizon d’un an, sur le PNB courant et sur la valeur économique de l’établissement, en tenant compte uniquement des activités autres que de négociation.

Un exemple pour les établissements ne disposant pas de méthodologie propre est disponible pour calculer les résultats d’un choc uniforme de 200 bp. L’impact du choc sur la valeur économique est rapporté au niveau de fonds propres règlementaires de l’établissement.

 

Les bandes de maturité et facteurs de pondération peuvent être utilisées conformément à l’annexe du rapport sur le contrôle interne de Nov 2014 de l’ACPR.

 

Facteurs de pondération par bande de maturité d’un choc de taux à la hausse et à la baisse.

 

A cela s’ajoute  une analyse de sensibilité des revenus, des calculs de valeur actualisée nette et des stress scenarii et des hypothèses retenues. Il convient notamment de préciser l’impact d’un mouvement non-parallèle de la courbe des taux, des décalages entre références de taux (risque de base) et d’une modification des hypothèses et des conventions d’écoulement retenues.

 

Enfin, l’établissement doit réaliser une présentation du capital économique alloué au regard du risque de taux d’intérêt global encouru puis procéder à la conclusion synthétique sur l’exposition au risque de taux d’intérêt global.

 

Bien entendu, les entreprises non financières n’ont pas les mêmes spécificités et exigences de contrôle que les établissements financiers. Toutefois, il apparait pertinent de capitaliser sur le cadre de travail ACPR pour développer la mesure d’impact, le dispositif de contrôle et la valorisation des positions, que ce soit pour le besoin de suivi de portefeuille spécifique ou en global.

 

A titre d’exemple, le groupe VALFRANCE a souhaité se doter d’une valorisation indépendante pour son portefeuille d’instruments de taux. M. Pierre-Antoine FERRU, Directeur Administratif et Financier a utilisé un double service, avec un appui de la salle des marchés de 3VFinance et le diagnostic de FINSERVICES. « Une valorisation indépendante de notre portefeuille d’instruments de swaps a été réalisée avec un suivi trimestriel, et communiqué à nos partenaires grâce au service 3VFinance / FINSERVICES ».

 

le 15/06/2017 : 14:30

Plus d’informations :

Philippe HELAINE, FINServices, Gérant, Conseil en Trésorerie, Solutions et Services bancaires – www.FINServices.fr