La gestion de la crise de la dette publique dans l’histoire – 5

Les guerres napoléoniennes et la création des banques centrales

Quelques banques centrales sont créées vers la fin du XVIIIe siècle avec l’objectif d’aider les pays à gérer les finances pendant et après les guerres et à absorber les émissions de la dette publique. C’est le cas de la Riksbank suédoise (1688), de la Bank of England (1694, créée pendant la guerre des Neuf Ans) ; à ce propos le first vice-governor de la Banque Michael Godfrey est tué dans les tranchées en juillet 1695, à côté du roi Guillaume III. Les deux hommes doivent s’entretenir du financement de l’armée anglaise dont la moitié est mobilisée dans cette guerre ; les troupes sont en train d’attaquer la citadelle de Namur, aux mains de Louis XVI. Deux autres banques autrichiennes (Wiener Girobank de 1703 et la Wiener Stadt-Bank de 1706) sont créées après la guerre avec les Ottomans. Même le grand Friedrich de Prusse crée la banque Royale de Prusse en 1765, après la Guerre de Sept Ans. Les USA se lancent dans une double expérience de création d’une banque fédérale pour gérer les énormes déficits publics après les guerres. Deux tentatives malheureuses sont réalisées ; elles durent respectivement 20 ans chacune (1791-1811 et 1816-1836). Les guerres napoléoniennes donnent origine à la Banque de France (1800), celle de Finlande (1811) et de Hollande (1814). D’autres banques naissent tout de suite après le Congrès de Vienne pour mettre un peu d’ordre dans les finances exsangues des pays: la Banque d’Autriche (1816), de Norvège (1816) et de Danemark (1818). Mais la liste des banqueroutes des trésors des Etats est longue au cours du XIXe siècle. L’Autriche fait deux faillites (1802 et 1868) comme la Grèce (1832), la Russie (1839), le Mexique (1860), l’Egypte (1876) qui passe sous le protectorat britannique…

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  • Après avoir travaillé notamment à Turin, New York, Genève et Amsterdam, Alessandro Giraudo est actuellement le Chief Economist du groupe international Viel-Tradition à Paris. Il est l’auteur de Mythes et légendes économiques (Economica, 2007), Money Tales (Economica, Londres, 2007) Au Temps des comptoirs (avec Philippe Chalmin, Bourin, 2010) et Le Nerf de la guerre (Pierre de Taillac, 2013).