Crise du Coronavirus et liquidité des entreprises

L’AFTE réunit des trésoriers, en conférence téléphonique, pour suivre leur évaluation de la liquidité de leurs entreprises et des sources de financement.

Quotidiennement les informations échangées sont partagées avec l'ensemble des acteurs du marché de la liquidité court terme.

Ces partages d’informations concrètes sont précieux pour :
Rassurer les trésoriers eux-mêmes qui développent des approches concertées, en dehors de tout mouvement de panique,
Dialoguer avec les pouvoirs publics soucieux d’apporter des réponses et d’assurer le financement nécessaire en période de crise,
Dialoguer avec toutes les parties prenantes : banques, BPI France, agences de notations, associations de Place…
Répondre aux interrogations des médias et donc du grand public.

La synthèse ci-dessous est mise à jour régulièrement pour apporter une information utile à tous.

Ce qui est connu à ce jour sur l'éligibilité des entreprises au programme d'achat BCE :
https://www.afte.com/eligibilite-des-titres-neu-cp-entreprises-au-programme-dachats-bce-1 

Comment obtenir un PGE (prêt garanti par l'Etat)
https://www.afte.com/prets-garantis-par-letat-toutes-les-informations-et-les-questions-reponses

Mise à jour du jeudi 9 avril

Echanges constructifs de l'AFTE avec l'AMF puis avec la Banque de France.

Sur les dividendes, l'AMF surveille le respect des nouvelles règles. Le paiement de dividendes 2019 en 2020 est interdit pour les banques cotées et pour les entreprises qui utilisent les dispositifs d'aide de l'Etat, dont les PGE (prêts garantis par l'Etat).

L'AMF a mis les moyens en place pour que les programmes d'obligations et de MTN ne souffrent d'aucun retard, de même pour la mise à jour des prospectus. Elle a adapté son approche sur les "facteurs de risque", différenciant ce qui est indispensable de ce qui peut être amélioré.

En ce qui concerne la crainte -exprimée par l'AFTE- de baisses brutales des notations par les agences, l'AMF indique que l'ESMA réunit son board à une fréquence hebdomadaire exceptionnelle pour traiter ce type de comportement contre-productif pour l'économie. Dans les mesures annoncées le 7 avril par la BCE, il est prévu que l'Eurosystème réduise l'impact des réductions de notes par les agences en élargissant ses critères d'éligibilité.

La Banque de France avance des procédures mieux rodées, une réelle volonté de soutenir le marché NEU CP et d'aider les entreprises. Cependant elle ne peut et ne veut être le seul acheteur.

Elle estime avoir maintenant rassemblé les ressources humaines et techniques adéquates pour pouvoir répondre aux demandes des entreprises que représente l'AFTE : déconcentration des montants, réponses aux questions des entreprises via les dealers, réduction des maturités. Toutefois la Banque de France n'a pas vocation à agir selon les modalités des acteurs traditionnels. Elle veut relancer le marché en apportant toute la confiance nécessaire. Un nouvel échange aura lieu rapidement pour suivre les évolutions attendues.

Mise à jour du mercredi 8 avril

Le marché du NEU CP confirme sa reprise, encore timide.

Le trilogue Banque de France, ACI et AFTE est quotidien pour clarifier et optimiser les processus.

La Banque de France est de plus en plus présente, essayant de servir chaque secteur et chaque émetteur éligible (cf. règles dans la publication ad hoc de l'AFTE). Le code ISIN doit commencer par FR.

Elle achète des tickets importants mais qui se réduisent de plusieurs centaines de millions à 100 millions d'EUR, toujours sur des maturités longues, à partir de 6 mois.

Les prix sont corrects, surtout quand on les compare aux prix prohibitifs proposés par la Banque de Belgique et aux coûts des montages étudiés avec la Banque d'Angleterre qui a construit un programme spécial pour les grandes entreprises ayant une activité significative au Royaume-Uni.

Les assets managers reviennent aussi sur le marché du NEU CP mais pour des montants moins gros et surtout sur des maturités courtes, allant de la semaine au 1 mois.

Pour revivifier le marché, l'AFTE réitère la demande aux entreprises ayant de solides excédents, par exemple issus des émissions obligataires, de les replacer auprès des OPCVM, afin qu'ils alimentent le marché du NEU CP pour les entreprises plus petites et non notées. C'est aussi sur cette redistribution que compte la Banque de France dans son programme, privilégiant encore les gros émetteurs.

Certaines entreprises vertueuses imposent même à leurs OPCVM de réalimenter le marché court terme pour les entreprises moins dotées en cash.

Mise à jour du mardi 7 avril

Les conditions d'égilibilité ont été mises à jour :

https://www.afte.com/eligibilite-des-titres-neu-cp-entreprises-au-programme-dachats-bce-1

Marché du NEU CP mou hier, mais un peu plus actif aujourd'hui.

Les fonds privilégient les souverains et les papiers très bien notés.

La Banque de France intervient sur le marché primaire.

La Banque Centrale de Belgique intervient sur le marché belge, mais semble proposer des taux hors marché, inabordables pour les entreprises émettrices.

Certaines entreprises prennent des engagements forts sur le respect des délais de paiement vis à vis de leurs fournisseurs. Un comportement responsable à généraliser :

https://www.afte.com/appel-aux-entreprises-pour-respecter-les-delais-de-paiement-interentreprises

Mise à jour du lundi 6 avril

La semaine dernière s'est terminée sur un marché NEU CP encore inexistant pour la plupart des acteurs. Des entreprises, gérant leur trésorerie en France mais ayant leur siège dans un autre Etat européen, ont découvert n'être pas éligible aux rachats de la Banque de France.

Les banques semblent inciter fortement les très grandes entreprises à tirer sur leurs RCF (Revolving Credit Facilities). Certains trésoriers, qui ont suffisamment de cash, résistent à la pression conjuguée des banques et de directions générales sous pression, à cause du risque de contrepartie et des taux de placements négatifs.

On constate que les excédents des entreprises cash rich (trésorerie existante ou provenant de nouvelles émissions et/ou des RCF) sont presque exclusivement placés auprès des banques, en compte courant ou en dépôts à terme.

Il serait préférable que ces excédents soient placés dans des OPCVM, en effet les asset managers sont prêts à réinvestir en NEU CP, à condition de voir un retour des liquidités dans les fonds.

Financements sous LBO : plusieurs entreprises font des demandes de waiver. Sachant que la crise les empêchera de respecter certains covenants, les prêteurs devraient accueillir ces demandes de maintien des financements favorablement. Toutefois l'AFTE peut solliciter l'aide de la commission "juridique" pour une rédaction appropriée des waivers.

Mise à jour du vendredi 3 avril

Hier, la BCE aurait racheté environ 3 milliards d'EUR de dettes CT (marché français 70 milliards d'EUR).

En Allemagne, la banque centrale semble avoir encore plus de difficultés à être opérationnelle sur le marché CT où elle encore absente à ce jour.

Attentes des entreprises :

- Pouvoir renouveler les tombées d'échéance d'avril : si la Banque de France n'est présente que sur les gros émetteurs bien notés, il faudrait que les acteurs habituels, dont les asset managers reviennent sur le marché NEU CP. Ceux-ci se positionneront sur des maturités courtes.

- Transparence, via les dealers, sur l'éligibilité des programmes, sur les motifs de non éligibilité (montant, maturité, notation ?)

- Données de marché et statistiques habituellement mises à disposition par la Banque de France. Il n'y a plus de données mises à jour depuis le 27/3.

- Révision rapide par les instances décisionnaires des critères de notation pour l'éligibilité au "programme urgence pandémie" de la BCE, des entreprises, comme cela a été fait pour la Grèce : reconnaissance de la notation Fiben, des notations des agences européennes agréées par l'ESMA telles que Scope Rating et Qivalio, active sur la notation des programme NEU CP.

Mise à jour du jeudi 2 avril

Des réponses peuvent être apportées aux questions de la veille.

La Banque de France privilégie les gros tickets de plusieurs centaines de millions sur des maturités d'au moins 6 mois.

Le marché du NEU CP est encore quasi-inexistant pour les petits émetteurs, très inquiets.

Mise à jour du mercredi 1 avril

Un peu d'activité sur des grands noms pour le marché CT

Les émetteurs s'interrogent sur les critères d'intérêt de la Banque de France pour les achats de NEU CP :

- taille des tickets ?

- maturités : 3 mois, 6 mois, 1 an ?

- préférence pour certaines échéances dans le mois ?

- secteurs d'activité ?

- prise en compte d'une garantie bancaire ?

L’AFTE s'est rapprochée des principaux assets managers de la place pour identifier les tendances sur le marché monétaire et sur les achats de ces fonds. Voici les conclusions et recommandations :

La BCE est présente sur le marché du CP. Elle achète à la "best execution". Quelques gros tickets, mais très peu d’élus depuis vendredi 27/3.

Sur les prochaines semaines, des positionnements courts, à 1 ou 2 semaines, devraient faciliter le placement du papier corporate auprès des assets managers. Ils restent prudents en gardant de grosses poches de liquidités car ils ont peu de visibilité.

La décollecte est observée sur les fonds. Les entreprises ont fait des rachats pour avoir de la liquidité, créant un cercle vicieux. Pour l’équilibre du marché il faudrait que les entreprises replacent dans les fonds et n’en sortent pas massivement.

L’objectif de la BCE est bien d’agir sur le marché pour stabiliser les prix.

Le marché risque de se fragmenter entre notés/non notés et investment grade ou non.

Les prix affichés ne sont pas déterminants, pour émettre, quand on n'est pas éligible auprès de la Banque de France, il est préférable de faire des maturités courtes, sans dégrader nécessairement les prix.

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