Soutenir sa croissance par la dette ou les capitaux propres ?

Croissance de l’activité mondiale, perspectives commerciales et boursières toujours positives, impacts sanitaires et économiques liés au Coronavirus, spéculation sur le retournement du cycle économique… Est-ce encore le moment de soutenir sa croissance par la dette ou les capitaux propres ?

Dans l’environnement de marché actuel, les taux d’intérêt et le coût de la dette sont presque à leur plus bas niveau pour les entreprises qui souhaitent emprunter pour financer leur expansion ou pour réaliser des acquisitions stratégiques.

Le marché regorge de liquidité et cherche où il peut l’investir. Les évaluations des entreprises sont toujours à des niveaux record pour les entreprises qui cherchent à vendre ou à céder une partie de leur activité. Malgré le ralentissement de la croissance mondiale et l'incertitude commerciale, l'activité économique globale reste forte, exception faite de l’incertitude actuelle que fait planer l’épidémie de Coronavirus.

Les entreprises observent l’environnement économique et politique actuel. La croissance mondiale se maintient avec des conditions commerciales favorables, appuyée par les marchés boursiers toujours favorables et confiants. D'un autre côté, la spéculation selon laquelle le cycle économique pourrait avoir atteint son apogée à de quoi troubler les esprits les plus optimistes, qui devront étudier soigneusement tous leurs plans d'expansion au regard de ces contradictions.

Dans ce contexte, est-il temps de s'endetter pour financer sa croissance ?

Compte tenu du coût du capital et de la santé de l'économie mondiale toujours forte en Europe, aux États-Unis et en Chine, certains diront qu’il n’y a jamais eu de meilleur moment pour mettre en œuvre un plan de croissance stratégique.

La fenêtre de tir semble être dans les 6 à 12 prochains mois. Le temps pour les entreprises de peaufiner une structure de capital à long terme attrayant alors que les taux sont toujours très bas et que le crédit et les marchés financiers toujours accessibles au plus grand nombre.

Pour cela, les entreprises désireuses de profiter de cette vision optimiste, doivent évaluer leurs plans de croissance et se poser les bonnes questions :

- Quelles sont les menaces qui pèsent sur notre entreprise ? (géopolitiques, concurrentielles, sanitaires …),
- Où voulons-nous être dans 5 à 10 ans ? (marché, position, …),
- À quel rythme souhaitons-nous-y parvenir ? Avec quelle progression de nos revenus annuels ? Est-ce via une croissance organique ou non ?
- Quelles sont les implications de ce plan sur les marges brutes de l’entreprise ?
- Des investissements sont-ils nécessaires pour la mise à niveau de nos équipements et de notre technologie ?
- Faut-il augmenter les dépenses de R&D ou le recrutement de personnels ?

Une fois les réponses obtenues, suit la question sur la façon de financer cette croissance.

Les entreprises doivent étudier toutes les possibilités qui s’offrent à elles, qu'il s'agisse de se financer par la dette et/ou les capitaux propres. Les banquiers et investisseurs potentiels jugeront l’entreprise au regard de sa trésorerie actuelle mais aussi sur la prévisibilité de celle-ci, sa durabilité et ses éventuelles fluctuations saisonnières ou structurelles. Enfin ils observeront rétrospectivement sa résilience aux possibles ralentissements d’activité.

En effet, selon le secteur d’activité de l’entreprise, les projections ne seront pas les mêmes et les secteurs d’activité ne seront pas jugés égaux face à des perspectives de récession ou des perturbations économiques. La diversification des sources de revenus de l'entreprise sera un atout supplémentaire à faire valoir puisqu’elle permet de stabiliser les flux de trésorerie en période de ralentissement.

Les banquiers et autres investisseurs analyseront attentivement les dépenses courantes mais surtout les impacts des nouvelles dépenses d’investissement et des immobilisations sur la croissance des revenus de l’entreprise ou l’augmentation de sa marge. Les entreprises doivent très spécifiquement démontrer, par différents scénarios, quels seront les impacts de leurs investissements et dépenses sur le résultat de l’entreprise et leur capacité à préserver ou augmenter leurs profits.

Les synergies liées à des regroupements ou des acquisitions doivent refléter des réductions de coûts liés à la nouvelle structure, qu'il s'agisse de chevauchement d'équipement, de personnel, de biens immobiliers ou d'autres coûts, pour traduire des gains d'efficacité significatifs. Ces projections, sans être surestimées, doivent conduire à des revenus globaux plus élevés.

En conclusion, c’est après une analyse minutieuse de ces variables, avec ses partenaires bancaires et investisseurs que l’entreprise pourra juger de l’opportunité de s'endetter pour financer sa croissance. Si l’analyse et les signaux de l’entreprise comme ceux des investisseurs sont positifs, étant donné le climat économique actuel et le coût faible du financement en Europe, il n'y a surement pas de meilleur moment pour mettre votre plan de croissance en action.

 

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CET ARTICLE A ÉTÉ POSTÉ AVEC LES TAGS: Financial Risk, gestion des risques financiers, risque de liquidité, titan treasury, Trésorerie, gestion de la dette, politique de financement, capitaux propres

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